Perspectives II 2026 : un choc géopolitique rebat les cartes
La reprise du conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ont bouleversé les marchés financiers au premier trimestre 2026. Entre envolée du pétrole, craintes inflationnistes et repositionnement des banques centrales, de Pury Pictet Turrettini privilégie la sélectivité et la patience plutôt qu'un repli défensif excessif.
Retour sur le premier trimestre 2026
L'escalade du conflit au Moyen-Orient à partir de fin février a fondamentalement reconfiguré le paysage financier. La fermeture du détroit d'Ormuz a propulsé le baril de brent de 61 à près de 119 dollars, faisant resurgir le spectre d'un choc inflationniste. Le S&P 500 a signé son pire trimestre depuis 2022 (-4,6%) et le Nasdaq 100 est entré en correction. L'énergie a logiquement dominé (+34%), tandis que la santé, les financières et la consommation discrétionnaire cédaient plus de 9%. Fait notable, l'or n'a pas joué son rôle de refuge, reculant de plus de 12% sur le mois de mars.
Une économie mondiale dont la résilience est mise à l'épreuve
Les prévisions de croissance sont révisées à la baisse dans la plupart des grandes économies, tandis que l'inflation repart à la hausse. L'Asie reste la région la plus exposée aux ruptures d'approvisionnement, 80% du pétrole transitant par Ormuz lui étant destiné. La BCE adopte un ton résolument restrictif, la Fed maintient une pause prudente face à une inflation déjà élevée, et la BNS conserve ses marges de manœuvre grâce à un franc fort. En parallèle, les tensions sur le marché de la dette privée dont l'encours atteint entre 1 900 et 3 500 milliards de dollars, constituent une fragilité structurelle à surveiller.
Actions: une correction saine, des opportunités sélectives
Les fondamentaux des entreprises n'ont pas suffisamment changé pour justifier un repositionnement défensif radical. Le marché américain conserve son avantage structurel grâce à la technologie et à un profil sectoriel défensif. L'Europe et les marchés asiatiques présentent un potentiel de rebond attractif dès lors que les risques s'atténueront. Les chocs géopolitiques offrent historiquement des points d'entrée plutôt qu'ils n'inaugurent des marchés baissiers durables, sauf basculement en récession profonde — scénario qui ne constitue pas l'hypothèse centrale.
Obligations: des rendements redevenus attractifs
Les niveaux de rendement atteints en fin de trimestre offrent désormais des points d'entrée intéressants sur les emprunts d'État comme sur le crédit de haute qualité. Les maturités courtes à intermédiaires sont à privilégier, moins exposées aux aléas d'une prime de terme volatile, tandis qu'une prudence s'impose sur le haut rendement tant que les perspectives de croissance restent dégradées.
Notre positionnement: sélectivité et diversification
Le trimestre écoulé a rappelé combien les convictions d'allocation peuvent être bousculées en quelques semaines par des événements exogènes. Dans un environnement aussi incertain, de Pury Pictet Turrettini fait de la discipline et de la diversification ses principaux guides. La maison aborde ce deuxième trimestre avec une certaine prudence compte tenu des risques à court terme, tout en évitant un repli défensif excessif qui pénaliserait le portefeuille en cas de résolution rapide du conflit. Sur les obligations, les niveaux de rendement atteints en fin de trimestre commencent à offrir une compensation attractive. L'or, malgré sa performance décevante depuis le début des hostilités, conserve pleinement son rôle stratégique dans l'allocation.